Pourquoi les lunettes aviateur de Macron sont-elles au cœur d'une polémique ?

Pourquoi les lunettes aviateur de Macron sont-elles au cœur d'une polémique ?

Depuis la mi-janvier 2026, Emmanuel Macron fait parler de lui non pas uniquement pour ses positions diplomatiques, mais aussi pour un accessoire devenu iconique : ses lunettes aviateur aux verres miroir bleutés. Portées lors de sa prestation remarquée au Forum économique mondial de Davos, ces lunettes ont généré un buzz mondial et déclenché une polémique inattendue.

Le Contexte Médical

Tout a commencé avec un problème de santé bénin : une hémorragie sous-conjonctivale, autrement dit un saignement d'un vaisseau dans l'œil droit. Selon les explications du médecin-chef de l'Élysée, ce phénomène totalement inoffensif provoque une rougeur impressionnante mais se résorbe naturellement avec le temps. Pour atténuer l'effet visuel et protéger son œil de la photosensibilité, le président a donc dû porter des lunettes de soleil, même en intérieur.

Le Buzz de Davos

Lors de son discours percutant à Davos le 20 janvier 2026, Macron n'a pas retiré ses lunettes aviateur, même en salle. L'image du président français en costume sombre et lunettes effet miroir a instantanément fait le tour des réseaux sociaux. Les internautes l'ont comparé à un pilote de chasse, à un héros de film d'action, et même à Tom Cruise dans Top Gun. Donald Trump lui-même n'a pas résisté à commenter sarcastiquement ces "belles lunettes" lors de sa propre intervention.

Le Modèle Henry Jullien

Les lunettes en question sont le modèle Pacific S 01 de la maison Henry Jullien, une entreprise jurassienne. Affichées à 659 euros sur le site officiel, elles ont connu un succès commercial fulgurant après l'apparition présidentielle. Le PDG de iVision, la société italienne propriétaire de la marque, a confirmé avoir vécu "une semaine de folie" avec un afflux massif de commandes.

La Polémique sur la Production

Mais derrière le succès commercial se cache une controverse sociale. En 2023, l'entreprise italienne iVision a racheté Henry Jullien. Un an plus tard, quatre salariées françaises ont été licenciées, et une partie de la production a été transférée en Italie. Ces ex-employées ont saisi les prud'hommes et dénoncent une délocalisation dissimulée.

Leur avocat, Me Philippe Métifiot-Favoulet, critique sévèrement la communication autour des lunettes présidentielles : "On parle de quatre mois de travail pour fabriquer les lunettes du président, et on licencie des salariées jugées trop lentes. Tout cela relève du marketing, ce qui est annoncé ne correspond pas à la réalité."

Florence Bernard, une ancienne employée aujourd'hui caissière dans un supermarché, se souvient avoir personnellement terminé et envoyé les lunettes de Macron à l'Élysée. Selon elle, ces lunettes "correspondent justement à la fin de la production en France".

Bien que iVision affirme que le modèle présidentiel reste "100% français" et fabriqué à Lons-le-Saunier, l'avocat des salariées rétorque que "la société iVision Tech vient récupérer la gloire d'un produit qui était là avant eux, d'une production qu'ils ont eux-mêmes dilapidée et fermée". 

Entre Communication et Réalité Industrielle

Cette polémique soulève des questions importantes sur le "made in France" et la communication politique. En mettant en avant le savoir-faire français avec ses lunettes Henry Jullien, Emmanuel Macron a involontairement braqué les projecteurs sur les difficultés d'une entreprise en pleine restructuration internationale. Le cours en bourse de iVision a bondi ces derniers jours, mais cette réussite financière contraste avec le sort des salariées françaises licenciées.

Au final, ces lunettes aviateur cristallisent une tension entre l'image d'un président défendant l'industrie nationale et la réalité économique d'une mondialisation qui n'épargne personne, pas même les symboles du luxe "Made in France".

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